"Prix planchers" agricoles : les spectaculaires revirements de Macron et Bardella | TF1 INFO

LCI - 27/02
[VIDÉO] Ce week-end au Salon de l'agriculture, Emmanuel Macron s'est prononcé en faveur de l'instauration de "prix planchers" dans l'agriculture, quand Jordan Bardella s'est dit contre.Des positions qui vont à l'encontre de celles tenues par leurs partis ces derniers mois. - "Prix planchers" agricoles : les spectaculaires revirements de Macron et Bardella (Politique) - TF1 INFO

Ce week-end au Salon de l'agriculture, Emmanuel Macron s'est prononcé en faveur de l'instauration de "prix planchers" dans l'agriculture, quand Jordan Bardella s'est dit contre.
Des positions qui vont à l'encontre de celles tenues par leurs partis ces derniers mois.

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Le Salon de l'Agriculture 2024 sous haute tension

Le Salon de l'agriculture, lieu de tous les possibles et de tous les reniements ? Ces derniers jours au cours de leurs visites Porte de Versailles, à Paris, Emmanuel Macron et Jordan Bardella ont tous les deux tenu des propos contraires à ceux qu'on leur connaissait sur les "prix planchers", et ils sont tous les deux allés à l'inverse des positions prises par leurs partis respectifs ces derniers mois, notamment à l'occasion d'un vote à l'Assemblée nationale.

Samedi au cours de son périple mouvementé, le président de la République a pour la première fois fait part de son souhait de mettre en place des "prix planchers qui permettront de protéger le revenu agricole et de ne pas céder à toutes les pratiques les plus prédatrices qui aujourd'hui sacrifient nos agriculteurs et leurs revenus". Lundi, il a demandé à Bercy de lancer le chantier avec l'ensemble des organisations professionnelles agricoles, en vue du futur projet de loi pour améliorer la rémunération des agriculteurs que Gabriel Attal a promis de présenter d'ici l'été.

Or, le 30 novembre dernier, la majorité présidentielle s'était opposée à une proposition de loi déposée par La France insoumise dont l'un des objets était justement d'instaurer des prix planchers des matières premières agricoles. Les 107 membres de la majorité présents ce jour-là s'étaient tous opposés au texte, rejeté par 168 voix contre 162. À l'époque, la ministre déléguée chargée notamment de la Consommation, Olivia Grégoire, avait dénoncé des mesures rappelant "Cuba ou l'Union soviétique avec les succès que nous leur connaissons". Le ministre de l'Agriculture Marc Fesneau jugeait il y a un mois ces mesures "démagogiques".

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"Nous prenons acte de ce changement de position"

"Il y a quelques semaines, le ministre Marc Fesneau s'opposait encore à leur mise en place. Aujourd'hui, le président de la République vient d'annoncer vouloir mettre en place ces prix planchers. Nous prenons acte de ce changement de position, acquis par les luttes vigoureuses des agriculteurs", a d'ailleurs pris soin de souligner La France insoumise dans un communiqué après les propos du chef de l'État.

Ce mardi sur RTL, le Premier ministre Gabriel Attal s'est défendu de la reprise par le camp présidentiel d'une vieille revendication insoumise. "On va faire en sorte que des indicateurs de coûts de production qui existent, ils sont dans la loi, (...) puissent être la base de la construction du prix", a-t-il expliqué, ajoutant : "Ça n'a rien à voir avec la proposition de la France insoumise, qui veut transformer nos agriculteurs en fonctionnaires et nationaliser la grande distribution". "Entre l'URSS et le Far West, il y a un équilibre", a-t-il ajouté.

Jordan Bardella contredit Marine Le Pen

Mais le président de la République n'est pas le seul à avoir opéré un virage à 360 degrés sur le sujet. Ce fut aussi le cas du président du Rassemblement national Jordan Bardella, en visite au Salon de l'agriculture dimanche. "Si vous mettez en place des prix planchers au niveau français, c’est une trappe à pauvreté parce que, précisément, on ira se fournir sur le marché européen. Et si vous mettez en place de manière totalement chimérique des prix planchers au niveau européen, on ira se fournir sur les marchés internationaux", a-t-il dit au micro de France bleu, reniant la position défendue depuis des années par son parti.  

Pourtant, il avait fustigé la position des macronistes qui "par sectarisme" n'avaient pas voté en faveur des prix planchers en raison de sa présence "dans une niche de gauche à l'Assemblée nationale". En revanche, le groupe RN l'avait bien voté, lui. Les 47 députés d'extrême droite présents ce jour-là dans l'hémicycle avaient voté favorablement. Logique, puisqu'il s'agit d'une idée encore défendue par Marine Le Pen lors de la dernière élection présidentielle. Dans le livret agriculture de son programme, elle écrit qu'elle souhaite "permettre l’intervention de l’État dans l’élaboration des indices utilisés pour fixer des prix minimums tenant compte des variations des prix des matières premières agricoles".

On nage en pleine contradiction, ils se comportent comme des clowns"
Manon Aubry

Interrogé par Le Monde sur ce revirement, le député agriculteur Grégoire de Fournas, référent agriculture du RN, a assuré : "La ligne est celle du programme de Marine Le Pen en 2022, qui n’a pas bougé depuis : un prix minimum pour les agriculteurs déterminé par les interprofessions ou, en cas d’échec, par l’État". Pas ...
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